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Alliance franco-allemande dans les chars d’assaut pour conquérir le monde.

30 juillet 2015 - ECONOMIE
Alliance franco-allemande dans les chars d’assaut pour conquérir le monde.

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Le groupe public d’armement français Nexter et la société allemande KMW ont annoncé leur rapprochement via la création d’une co-entreprise destinée à faciliter l’exportation des blindés européens. A terme, une fusion est évoquée pour créer un « Airbus du char d’assaut ».

guillemets_Gris30D’après la France, la nouvelle co-entreprise, qui n’a pas encore de nom, sera opérationnelle le 1er janvier 2016, après plusieurs formalités dont la promulgation de la loi « Macron », qui autorise la privatisation de Nexter. Mais il faudra beaucoup plus de temps pour que la fusion entre véritablement dans les faits, notamment en matière de spécialisation et de répartition géographique de ses activités. A titre de comparaison, il a fallu près de 15 ans au fabricant européen de missiles MDBA pour en arriver là, explique un spécialiste du secteur.

guillemets_Gris30Dans un premier temps, Français et Allemands attendent donc surtout une mutualisation et une rationalisation de la recherche et développement, un regroupement des achats pour peser sur les fournisseurs et une mise en commun des réseaux d’exportation. Ce rapprochement devrait être facilité par la relative complémentarité de Nexter et KMW, le groupe français étant un spécialiste des véhicules à roues, des canons et des munitions, et l’allemand des véhicules à chenilles et des « caisses ». « Il y a peu de doublons », souligne un expert. Les plus flagrants sont le char lourd français Leclerc et le Léopard de KMW, ainsi que le véhicule blindé de combat d’infanterie (VBCI) de Nexter et son concurrent allemand Boxer.

Neuf milliards d’euros de commandes pour la nouvelle entité

guillemets_Gris30Selon le ministère de la Défense, la nouvelle entreprise, détenue à 50-50 par l’Etat français, via GIAT Industries, et par la famille Bode-Wegmann, propriétaire de KMW, pèsera près de 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel et 9 milliards d’euros de commandes, pour une valorisation de l’ordre d’un milliard.

guillemets_Gris30Elle deviendra numéro 2 des armements terrestres en Europe derrière BAE Systems, qui fait cependant l’essentiel de son chiffre d’affaires aux Etats-Unis, et le 4ème au niveau mondial, reléguant l’allemand Rheinmetall en 5ème position. Elle emploiera environ 6.000 personnes, réparties à peu près équitablement entre Nexter et KMW, et sera aux trois quarts tournée vers l’exportation, ajoute-t-on de même source.

guillemets_Gris30La conception d’un nouveau blindé lourd commun ne sera pas envisagée avant 2020, voir 2025, dit-on au ministère, où l’on souligne qu’aucun crédit n’est prévu pour cela dans l’actuelle loi de programmation militaire. D’autant que la France a engagé la modernisation de ses Leclerc dans le cadre du programme Scorpion de rénovation générale de son parc de blindés, un projet de 4 à 5 milliards d’euros sur une dizaine d’années, que Nexter, Renault Trucks Défense (RTD) et Thalès continueront de mener à bien.

L’Allemagne, pas convaincue du rapprochement

guillemets_Gris30Par ailleurs, il a fallu ménager les susceptibilités de part et d’autre du Rhin, d’où le choix d’Amsterdam, aux Pays-Bas, pour installer le siège de la nouvelle entreprise. Le rapprochement Nexter-KMW n’a pas toujours bonne presse en Allemagne, où ses détracteurs voient notamment d’un mauvais oeil la perspective de partager avec un ex-rival les avances technologiques allemandes. Ainsi, le ministre allemand de l’Economie, Sigmar Gabriel, était plutôt favorable à un rapprochement KMW-Rheinmetall. En France, l’opération, qui n’entraînera ni réductions d’emplois, ni changement de statut des salariés, a été plutôt bien accueillie par les syndicats de Nexter.

© Capital.fr (avec Reuters)

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