Menu

Enfant de 4 ans condamné à la prison : l’armée égyptienne admet une erreur.

23 février 2016 - MONDE
Enfant de 4 ans condamné à la prison : l’armée égyptienne admet une erreur.
Egypte

La cour suprême égyptienne. (illustration)[KHALED DESOUKI / AFP]

Il aura fallu plusieurs jours pour que l’armée égyptienne reconnaisse qu’il s’agissait d’une terrible erreur. Un porte-parole a fait savoir que la condamnation d’un enfant de 4 ans à la prison à vie pour meurtre et trouble à l’ordre public avait été décidée suite à une confusion d’identité.

guillemets_Gris30Selon l’armée, c’est un adolescent de 16 ans, Ahmed Mansour Qurani Sharara, qui aurait dû être condamné, et pas Ahmed Mansour Qurani Ali, le petit garçon de 4 ans, âgé de 2 ans au moment des faits qui lui étaient reprochés. Il était accusé d’avoir participé aux violentes manifestations organisées par les Frères musulmans, dans la province de Fayoum en janvier 2014. « Il n’y a pas de justice en Egypte, le pays est devenu fou », s’était insurgé un avocat local au moment de la condamnation.

guillemets_Gris30L’avocat du jeune garçon avait déploré à l’époque que son nom avait été ajouté par erreur à la liste des suspects, et que les juges n’avaient même pas pris la peine de vérifier le certificat de naissance de l’accusé pour vérifier son âge. Comme l’a rapporté la BBC, le sort du jeune garçon n’était toutefois pas clair, même s’il a été innocenté.

Le système judiciaire égyptien critiqué

guillemets_Gris30Le système judiciaire égyptien fait l’objet de nombreuses critiques depuis le renversement du président islamiste Mohammed Morsi en 2013. Près de 40.000 personnes ont été emprisonnées depuis, la plupart pour leur appartenance aux Frères Musulmans ou a des groupes islamistes, souvent sur des chefs d’accusation contestables. En 2014, l’Onu avait estimé que l’Egypte avait « un système judiciaire dans lequel les procès équitables ne sont pas toujours garantis ». Cette déclaration faisait suite à la condamnation à mort de 1.200 personnes dans le cadre de deux procès de masse « présentant des irrégularités dans la procédure ». 

*** Direct Matin