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Joël Nivard : encre noire.

13 mars 2016 - LITTERATURE
Joël Nivard : encre noire.
Nivard

« Une passion pour l’écriture depuis l’enfance ».

Il aime jouer avec les mots et avec nos nerfs dans ces romans noirs. Joël Nivard distille ses histoires comme des breuvages à la robe sombre…

guillemets_Gris30Epicurien, Joël Nivard aime la nuit, le vin, le roman noir et le rock’n’roll. Il aurait aimé vivre de l’écriture, mais plus prosaïquement, il a choisi un métier plus rémunérateur
« Les études m’embêtaient un peu et comme à mon époque, les diplômes n’étaient pas obligatoires, j’ai pu faire une carrière de commercial pour des marques prestigieuses appréciées par les enfants, les chocolats Suchard ou La Pie qui chante et son célèbre Carambar, raconte-t-il, et j’ai terminé ma vie professionnelle en tant que responsable des ventes chez Nivéa. Les déplacements ne m’ont guère laissé le temps d’écrire mais j’ai publié mes deux premiers romans noirs dans les années quatre vingt ».

guillemets_Gris30En 1983 paraît « Loser » chez Denoël dans la collection Sueurs froides qui met en scène un jeune homme tombant amoureux d’une terroriste. Une histoire directement inspirée de la Bande à Baader qui avait défrayé la chronique à cette époque. Le livre séduira la Gaumont qui préemptera les droits.
« Claude Pinoteau venait de tourner La Gifle, il avait été pressenti pour tourner le film mais cela ne s’est pas fait se souvient Joël Nivard, j’aurai au moins rencontré le milieu du cinéma. Je regrette que le projet n’ait pas abouti, un jour peut-être sait-on jamais ! ».
guillemets_Gris30Trois ans après, il publie « On dira que c’est l’été deux ou trois jours avant la nuit » chez Albin Michel puis le grand vide… jusqu’à son retour surprise en 2011 avec « Dernière sortie avant la nuit » chez Geste éditions.
Deux autres livres suivront dont « Little bighorn, un été en Limousin » en 2015. Joël Nivard n’a jamais renoncé à l’écriture, une passion qui l’anime depuis toujours.
guillemets_Gris30« J’ai toujours écrit, c’est une forme de thérapie, j’ai commencé par des poèmes, je me serais investi davantage dans l’écriture mais il fallait faire bouillir la marmite » admet-il avec le recul. Aujourd’hui retraité, le limougeaud continue de noircir des pages à raison d’un livre par an, pas plus pour ne pas perdre le goût des mots.

guillemets_Gris30Ce mois-ci, sort son premier polar « Solo pour une nocturne dans Limoges » chez Geste qui nous entraîne dans les pas du commissaire Varlaud.
« Plusieurs meurtres ont été commis dans le milieu de la pègre locale et il tente de résoudre l’affaire. L’énigme prévaut sur la psychologie des personnages contrairement à ce que j’ai fait jusqu’à présent. Une trilogie est prévue, pas davantage afin de ne pas être prisonnier du personnage. Le deuxième est déjà bouclé et sortira dans un an ».

guillemets_Gris30Auteur de théâtre, Joël Nivard a commis plus de 35 pièces pour la compagnie Asphodèle qui fêtera ses quarante ans en 2017, autour de ses fondateurs, Sylvie son épouse, Philippe Gouaud et Philippe Séguy, avec quelques succès notamment « Limoges avril 1905 » retraçant cette révolte des ouvriers, reprise par les comédiens de l’Académie de l’Union et jouée à Saint Pétersbourg.

guillemets_Gris30Ses chroniques du trolley ont également séduit plus de 6.000 spectateurs avec ces personnages qui commentent l’actualité à grand renfort d’expressions locales. Une seconde version est prévue dans un an pour l’anniversaire de la compagnie. Sa prochaine pièce « En attendant un train de nuit » sera jouée du 15 au 19 mars à l’Espace Noriac.
« Des tranches de vie à la fois drôles et pleines d’émotion » promet-il. Lorsqu’il n’écrit pas, il organise avec ses amis de l’association « Les Picrates » la cinquième cuvée de « Vins Noirs », une rencontre vitico-littéraire entre quinze auteurs de polars et quinze vignerons qui aura lieu le 11 juin Place Saint-Michel à Limoges. L’occasion de déguster de belles pages sans modération… tout en modérant sa consommation de bons crus.

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« Solo pour une nocturne dans Limoges »

Son dernier ouvrage.

guillemets_Gris30Une série de meurtres dans la ville sans mobiles apparents, si ce n’est que les victimes sont toutes liées au milieu du banditisme local. Le mode opératoire et les armes utilisées laissent supposer qu’il s’agit d’un seul tueur.

Un vieux flic attend sa retraite en promenant un oeil caustique sur une hiérarchie qui se prend à rêver qu’elle « manage » des chefs d’entreprise et évalue les policiers à la performance, à la culture du résultat. Il est sans illusion sur la déliquescence d’un milieu qui échappe à toutes les règles d’une société qui s’étiole.

Reste la ville. Reste l’amitié des hommes. L’amour des femmes.

Les nuits sans sommeil, l’amour de la bonne chère et les jours qui s’allongent donnent encore un peu de rythme et de piment à la vie de ce flic désabusé. Au son du rock’n’roll et d’un regard sans complaisance sur une carrière dont cette ultime enquête sera le point d’orgue. Une balade sans nostalgie dans la ville, la noire.

A paraître chez « Geste Noir »

****Corinne Mérigaud / Photos © Yves Dussuchaud