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Gérard Depardieu présente Louise, sa petite fille

30 juin 2016 - PEOPLE
Gérard Depardieu présente Louise, sa petite fille

depardieu

Elle a 15 ans. Elle est « fille et petite-fille de », et elle est fière du nom qu’elle porte. Pour la première fois, Louise, la fille unique de Guillaume Depar­dieu et son “papy” témoignent de l’af­fec­tion qu’ils se portent.

guillemets_Gris30Il regarde sa « perle », comme un sculp­teur son modèle. Inspiré. Ses pognes se font timides quand il caresse sa blon­deur, effleure sa peau de lait, à la fois étonné et effrayé par tant de pureté. Parce que le monde exté­rieur est souvent laid, et qu’il le sait, il lui dit, mi-figue mi-raisin,  qu’il va lui offrir un poing améri­cain pour faire déguer­pir d’éven­tuels préda­teurs. « Et ça, c’est pépé qui te le dit ! », martelle-t-il. « Mais regarde, j’ai de tout petits poignets, papy ! », lui glisse-t-elle en souriant. Il les empoigne tendre­ment et ils rient.

Est-ce que vous passez du temps ensemble ?

Gérard : Non. Pas assez…
Louise : Mais ça ne veut pas dire que je ne pense pas à toi !
Gérard : Bien sûr chérie, ça ne veut pas dire que… Moi, ce que je vois dans les yeux de ma petite-fille, c’est qu’un jour elle m’ap­pel­lera et me dira : « Viens voir Gérard » ou « Viens voir papy »…

 Vous aimez qu’elle vous appelle papy ?

Gérard : Elle m’ap­pelle comme elle veut.
Louise : Mais ça ne te fait pas prendre un coup de vieux ?

Gérard : Non, ça me fait du bien au contraire. Tu sais, Guillaume, ton père, ne m’a pas assez appelé. Mais toi, si tu m’ap­pelles, je serai là. De même que ton autre grand-père (Georges Ventre, ndlr), que j’aime beau­coup. Mais avec ce nom que tu portes, qui est un joli nom, il va falloir te méfier de beau­coup de gens.

Ce n’est pas toujours simple de s’ap­pe­ler Depar­dieu, non ?

Louise : Ce n’est pas parce que tu portes un nom que ton destin est forcé­ment tracé pour toi. On est libre de choi­sir. C’est ce que je pense en tout cas. C’est à soi de déter­mi­ner, de déci­der de ce que l’on veut faire de sa vie. Comment on veut la vivre.

Gérard : Elle a dit les choses simple­ment. La beauté de ma petite-fille, c’est d’abord qu’elle est intel­li­gente, et puis qu’elle a une chose à elle : elle est libre.  Après, elle devra se débrouiller avec sa ou ses familles, rien de plus normal et rien de plus diffi­cile en même temps, mais si elle n’était qu’une « fille de » elle serait handi­ca­pée. Elle ne l’est pas. Et c’est bien. Je pense que Louise est tout à fait apte à répondre de la vie de Guillaume, à assu­mer ce qu’é­tait son père. Il n’a jamais été un monstre, c’est la vie qui a été mons­trueuse, qui ne l’a pas épar­gné.

Avez-vous des souve­nirs de votre père, Louise ?

Louise : J’avais seule­ment sept ans quand il est mort, alors tout est un peu flou. Tout de suite après, j’ai eu souvent la sensa­tion qu’il était là, je me réveillais en sursaut au milieu de la nuit, et je le voyais juste à côté de moi. Je me souviens des câlins, des « bonne nuit », bien sûr, mais ce qui m’a surtout marquée, ce sont des moments assez durs…

Gérard : Je comprends que tu n’aies pas forcé­ment de jolis souve­nirs, mais sache que ton père était quelqu’un de… Il a été malmené par les auto­ri­tés françaises. Par la justice. Après, il n’a jamais pu véri­ta­ble­ment s’en remettre. Moi je n’ai jamais compris ce juge d’ap­pli­ca­tion des peines de Versailles, une femme qui termi­nait son mandat et qui l’a condamné à trois ans de prison ferme pour deux grammes d’hé­roïne. Je n’ai pas confiance en la poli­tique, je n’ai confiance en rien si ce n’est en l’homme. Mais je t’as­sure que ton père était un poète. Un vrai révo­lu­tion­naire.

 

***Crédits photos : Sylvie Lancrenon

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