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Hallyday, Aznavour, Mitchell subven­tion­nés par un fonds d’aide aux « jeunes créa­teurs »

23 juillet 2016 - CULTURE, PEOPLE
Hallyday, Aznavour, Mitchell subven­tion­nés par un fonds d’aide aux « jeunes créa­teurs »

Subvention

Johnny Hally­day, Charles Azna­vour, Eddy Mitchell : subven­tion­nés par un fonds d’aide aux « jeunes créa­teurs »

Plusieurs artistes confir­més touchent régu­liè­re­ment des aides pour­tant censées aider des novices du monde de la musique a percer. Un scan­dale qui se perpé­tue d’an­née en année.

guillemets_Gris30Quand on vous dit « jeune créa­teur », la première image qui vous vient à l’es­prit n’est proba­ble­ment pas celle de Johnny Hally­day (dont le premier disque est sorti en 1960), Chimène Badi (dont le premier single est paru en 2003), Charles Azna­vour – aujourd’­hui âgé de 92 ans – ou encore Eddy Mitchell, qui a signé son premier contrat avec une maison de disque en 1960. Et pour­tant, ces artistes et leurs labels ont touché des sommes consé­quentes issues d’un fonds d’aide dédié aux jeunes créa­teurs, révèle Le Lanceur. Géré par la Société civile des produc­teurs phono­gra­phiques (SCPP), ce fonds a été créé en 1985 pour soute­nir la produc­tion d’œuvres musi­cales ou ciné­ma­to­gra­phiques qui ne touchent pas forcé­ment le grand public, selon les mots de Cathe­rine Tasca, qui fut ministre de la Culture entre 2000 et 2002. Sauf que les majors de l’in­dus­trie musi­cale siègent au conseil d’ad­mi­nis­tra­tion de ce fonds et qu’ils ne se privent pas de s’ai­der eux-mêmes.

guillemets_Gris30Si une partie des sommes finit effec­ti­ve­ment par atter­rir dans l’es­car­celle des jeunes créa­teurs, la grande majo­rité leur échappe grâce au « droit de tirage » des grosses maisons de disque. En 2015, Univer­sal a ainsi récolté 3 millions d’eu­ros d’aides, Sony 1,5 million et Warner 1,4 million. Un débat est toujours en cours pour déter­mi­ner s’il s’agit là d’argent public ou privé, a expliqué Le Lanceur dans un article publié l’an dernier. Toujours est-il que grâce à ce fonds, l’al­bum Au-delà des mots de Chimène Badi a été le plus aidé en 2015 avec 184 912 euros d’aide. Charles Azna­vour suit avec 166 470 euros pour Encores, et l’al­bum de la comé­die musi­cale La légende du roi Arthur vient complé­ter le podium avec 151 090 euros. On retrouve par ailleurs Eddy Mitchell (128 960 euros), Les Enfoi­rés (127 780 euros), Johnny Hally­day (115 932), Zazie (104 0004 euros) et Chris­tophe (101 028 euros).

guillemets_Gris30Au bout du compte, deux tiers des fonds atter­rissent dans les caisses des majors. Une situa­tion régu­liè­re­ment dénon­cée, mais le direc­teur géné­ral de la SCPP a expliqué au Lanceur que seuls le conseil d’ad­mi­nis­tra­tion et l’as­sem­blée géné­rale de l’or­ga­nisme sont habi­li­tés à chan­ger le mode de répar­ti­tion des aides. Mais le système n’est pas près de chan­ger, puisque les majors de l’in­dus­trie siègent dans toutes ces instances. La chan­son française peut dormir sur ses deux oreilles.

 

 

 

 

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