Menu

Des terroristes s’immiscent dans la campagne électorale américaine

20 septembre 2016 - INTERNATIONAL, PEOPLE
Des terroristes s’immiscent dans la campagne électorale américaine

usa

Un jeune Américain d’origine afghane de 28 ans a été arrêté lundi. Il est soupçonné d’être impliqué dans les attaques à la bombe perpétrées à Manhattan et dans le New Jersey. Les autorités n’excluent pas l’existence d’une cellule terroriste

guillemets_Gris30A peine quelques jours après les commémorations des attaques du 11 septembre 2001, le spectre du terrorisme hante à nouveau New York. Moins de 48 heures après la déflagration d’une bombe dans le quartier de Chelsea à Manhattan qui a fait 29 blessés, la police a arrêté le suspect numéro un, Ahmad Khan Rahami, après un échange de tirs dans la ville de Linden dans le New Jersey. Le suspect, un Américain d’origine afghane, a été transporté sur une civière dans une ambulance en raison d’une blessure au bras.

guillemets_Gris30Le FBI et la police de New York ont identifié l’individu grâce à des caméras de vidéosurveillance. Il a été vu à proximité de la bombe qui a explosé à Chelsea et d’une cocotte-minute connectée à un téléphone portable à quatre pâtés de maison, laquelle n’a toutefois pas explosé. Lundi, la police scientifique a décelé des empreintes du suspect sur la cocotte-minute de la 27e rue de Chelsea ainsi que glané des informations sur l’individu grâce au téléphone portable connecté à la bombe artisanale.

Cinq autres personnes interpellées

guillemets_Gris30Des sources proches de l’enquête laissent entendre qu’il serait aussi en lien avec une bombe qui a explosé sans faire de victime le long du parcours d’une course à pied organisée samedi à Seaside dans le New Jersey. Il serait aussi impliqué dans le dépôt de cinq bombes trouvées dans un sac à dos près de la gare d’Elizabeth, dans le New Jersey, dimanche soir. L’un des engins explosifs manié à distance par un robot de la police a explosé.

guillemets_Gris30Les autorités américaines n’excluent pas l’existence d’une cellule terroriste localisée dans le New Jersey et composée de sept à huit individus. Dans le cadre d’une enquête qui a été menée avec diligence, elles ont interpellé dimanche soir cinq personnes dans une voiture près du pont de Verrazano qui sont actuellement interrogées par le FBI. Elles semblent liées aux événements de ce week-end.

guillemets_Gris30C’est précisément la vive inquiétude des responsables de la lutte antiterroriste. A San Bernardino en Californie, en décembre 2015, un couple radicalisé, dont un Américain d’origine pakistanaise et sa femme pakistanaise, a abattu quatorze employés de l’administration locale lors d’une fête de fin d’année, déclarant avoir agi au nom de l’État islamique. En juin dernier, un Américain d’origine afghane a semé le chaos dans une boîte gay d’Orlando en Floride, tuant 49 personnes là encore au nom de Daech. Dans un centre commercial de St. Cloud, dans le Minnesota, un homme d’origine somalienne a poignardé neuf personnes avant d’être abattu par la police. Selon l’agence de presse du groupe de l’État islamique Amaq, il a agi au nom de l’organisation terroriste, mais la police pense qu’il s’agit plutôt d’un loup solitaire.

guillemets_Gris30Quant à Ahmad Khan Rahami, un jeune homme de vingt-huit ans, il avait commencé à étudier le droit pénal au Middlesex County College, une université à Edison dans le New Jersey. Selon l’établissement, il n’a jamais achevé son cursus académique. Il a vécu jusqu’ici dans sa famille, de confession musulmane, à Elizabeth, dans le New Jersey. Son père détient un fast-food en dessous de l’appartement familial et avait eu maille à partir avec les autorités en raison des nuisances nocturnes engendrées par l’établissement qui était ouvert 24h/24. Ahmad Khan Rahami y travaillait. «Il était sympa», relève Ryan McCann, un habitant d’Elizabeth qui fréquentait le restaurant. Ces dernières années, il a effectué plusieurs voyages en Afghanistan et au Moyen-Orient.

«Nous ne céderons jamais»

guillemets_Gris30Présent à New York pour assister à l’Assemblée générale de l’ONU, le président Barack Obama a été ferme: «Nous ne céderons jamais à la peur.» Ces soucis sécuritaires vont de toute évidence s’immiscer dans la campagne électorale américaine à quelques jours d’un débat qui s’annonce houleux entre les candidats démocrate et républicain Hillary Clinton et Donald Trump. La première a réagi de façon très prudente après la déflagration de Chelsea. Le second a d’emblée déclaré qu’il s’agissait d’un acte terroriste et qu’il fallait être «très très dur» contre ces terroristes. Peu soucieux des faits, Donald Trump a même profité de la tenue d’un sommet onusien sur la migration pour dénoncer dans un tweet: «Réfugiés de Syrie sont plus de 10 000 à venir. De nombreux jeunes hommes mal triés.» Si ce type d’attaques devait se multiplier d’ici à la présidentielle du 8 novembre, le milliardaire new-yorkais, que les sondages placent devant sa rivale démocrate dans des Etats bascules comme la Floride, l’Ohio, l’Iowa et le Nevada, va sans doute intensifier un discours qu’il avait déjà entonné avec emphase à la convention républicaine de Cleveland. Il y promettait de «rétablir l’ordre» (law and order) en Amérique.

guillemets_Gris30En campagne à White Plains dans l’État de New York, Hillary Clinton a voulu marquer un contraste avec son rival républicain, estimant être la plus qualifiée pour combattre le terrorisme. Elle a dénoncé la rhétorique islamophobe de Donald Trump qui aide l’État islamique à recruter de nouveaux djihadistes. Elle a cherché à montrer qu’en des temps aussi difficiles, mieux vaut miser sur une candidate prévisible et au courant des rouages de l’administration.

*** Le Temps

Laisser un commentaire