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France Inter met fin aux ondes longues et dit bon vent à sa météo marine.

28 décembre 2016 - ACTUALITE, CLIMAT, ECOLOGIE, ENVIRONNEMENT, FAIT DIVERS, INFORMATION, PEOPLE, SCIENCE, SOCIAL
France Inter met fin aux ondes longues et dit bon vent à sa météo marine.

A partir du 1er janvier, la station va cesser d’émettre en grandes ondes, marquant la fin de la fameuse météo marine.

C’est la fin d’une ère d’un peu plus de cent ans. A partir du 1er janvier 2017, le service public n’émettra plus en grandes ondes. France Inter va stopper la diffusion de ses programmes sur la fameuse fréquence 162 kHz, marquant la fin d’un mode de propagation de la radio lancé au début du XXe siècle. Également appelée basse fréquence, cette technique permettait d’inonder la quasi-totalité du territoire, notamment les zones maritimes.

Pour les initiés, les longues ondes sont indissociables de la météo marine. Depuis 2008, ce bulletin météo à destination des marins, auparavant diffusé à tous les auditeurs, est uniquement émis sur cette fréquence. Et ce au dam de nombreux auditeurs qui ont regretté dans des lettres envoyées à Radio France la fin de cet univers à part dans le paysage radiophonique.

Selon Radio France, cette décision de mettre fin aux programmes en grandes ondes permettra à la station de réaliser près de 13 millions d’euros d’économies par an. La direction répond notamment que le service public couvre 97 % de la population avec ses fréquences FM, et que les 3 % restants peuvent écouter la radio grâce à Internet.

Règne du tout connecté

Mais certains chroniqueurs de la station ne partagent pas cet avis. Soutenue par l’équipe de « Si tu reviens j’annule tout », l’humoriste Charline Vanhoenacker a rédigé une lettre ouverte pour dénoncer la fin de la diffusion de France Inter en ondes longues.

« A l’intérieur du pays, nos émissions ne parviendront plus dans les campagnes où la FM est capricieuse, et elles n’entreront plus dans les embarcations des marins qui choisissaient nos voix pour compagnie, et s’informaient de la météo marine. »

L’humoriste regrette au passage que sa chaîne n’ait pas pris le tournant de la RNT (radio numérique terrestre) qui aurait permis d’éviter que les auditeurs en ondes longues soient laissés pour compte. Et de conclure : « Le service public continue sa mission d’utilité sociale, mais uniquement pour la société connectée. »

La langue énigmatique des marins

Dans un article publié sur le site de France Inter, la station semble assumer ce choix auprès de ses auditeurs, expliquant que de nombreux recours sont possibles pour continuer à écouter leur radio. Concernant l’arrêt de la météo marine, un autre article explique que cette pratique était tombée en désuétude, et que les marins n’ont plus besoin de ce programme pour connaître les conditions de navigation.

Les nostalgiques auront ainsi pu écouter la toute dernière météo marine dimanche 25 décembre, juste après le bulletin d’informations de 20 h. Depuis des années, Marie-Pierre Planchon, Patricia Martin et Brigitte Forest donnaient dans un bulletin jargonneux les avis météorologiques sur les zones maritimes internationales baptisées Circéo, Cromarty, Fisher, Iroise, Pazenn ou encore Palos.

L’an dernier, France Culture avait consacré un documentaire sur la météo marine et ses fans. Elle décrivait cette tranche radiophonique en ces termes :

« La météo marine sur France Inter, c’est un petit bulletin d’information écrit dans la langue énigmatique des marins, qui mine de rien, est entré dans l’imaginaire d’un grand nombre de personnes. (…) Des Parisiens blottis dans leur lit aux pêcheurs langoustiers d’Iroise et d’Yeu. »

**** Le Monde

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