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Le krach financier que risque le PS après les élections ?

30 mars 2017 - POLITIQUE
Le krach financier que risque le PS après les élections ?

Entre la montée en puissance de Macron et l’isolement des Vallsistes, le parti socialiste est au bord de l’explosion. Une défaite à la présidentielle et aux législatives, mettrait aussi ses comptes en péril. Explications.

Le parti socialiste survivra-t-il à la présidentielle de 2017 ? A moins d’un mois de l’échéance, et alors que Manuel Valls s’est clairement prononcé en faveur d’Emmanuel Macron contre Benoît Hamon, le scénario catastrophe d’une explosion du parti paraît crédible. D’autant que les élus PS affluent pour rejoindre le candidat d’En Marche ! qui a clairement fait savoir qu’en cas de victoire, ses soutiens devraient quitter leur parti d’origine. Comprenez ne pas se présenter sous l’étiquette socialiste aux législatives suivantes…

Les ténors de Solférino, eux-mêmes, ne s’en cachent plus : “Le risque d’un éclatement du parti existe bien”, lâche à Capital le trésorier du PS Jean-François Debat.

Aux abois dans les sondages, Benoît Hamon a encore appelé ce mercredi Jean-Luc Mélenchon à l’union pour tenter de sauver ce qui pourrait encore l’être… Il faut dire qu’en cas de déroute électorale, le PS tel qu’il existe se retrouverait non seulement en miette politiquement, mais aussi en grave difficultés financières…

Pour mesurer ce que coûterait au PS une défaite aux prochaines élections, nous nous sommes plongés dans les derniers comptes publiés par le parti qui affichait 54,9 millions de recettes en 2015.

Effondrement des financements publics

Près de la moitié (45% exactement soit 24,9 millions) de ses recettes proviennent de subventions publiques dont le montant est directement corrélé à sa représentation au Parlement.

De là, nous avons établi deux scénarii. Le pire : ce que perdrait le parti si la claque annoncée était aussi violente que lors des législatives en 1993. Il ne restait plus que 52 élus socialistes à l’Assemblée ! Le (moins) pire : ce que lui coûterait une débâcle similaire à celle de 2002 suite au retrait de Lionel Jospin. Le PS était alors tombé à 140 députés.

Selon la Commission des comptes de campagne et des financements politiques, les règles de financements publics sont les suivantes : un premier versement est proportionnel au nombre de voix obtenues au premier tour des législatives à raison de 1,26 euro par voix pour le PS aux dernières élections ; une deuxième enveloppe est fonction du nombre d’élus à raison de 37.731 euros par député et sénateur élu.

Si le scénario catastrophe des législatives 1993 se répétait, le parti ne pourrait alors plus compter que sur une enveloppe de :

4.415.495 de voix au premier tour x 1,26 euro = 5,6 millions d’euros
(52 députés + les 109 sénateurs socialistes actuels) x 37.731 euros = 6 millions

Soit un total de 5,6 millions + 6 millions = 11,6 millions d’euros.

=> Ce qui se chiffrerait par un manque à gagner de 24,9 millions – 11,6 millions = 13,3 millions d’euros

Si la débâcle était similaire à celle des législatives de 2002, le parti ne pourrait alors plus compter que sur une enveloppe de :

6.086.599 de voix au premier tour x 1,26 euro = 7,7 millions d’euros
(140 députés + les 109 sénateurs socialistes actuels) x 37.731 euros = 9,4 millions

Soit un total de 7,7 millions + 9,4 millions : 17,1 millions d’euros.

=> Ce qui se chiffrerait par un manque à gagner de 24,9 millions – 17,1 millions = 7,8 millions d’euros

Chute des contributions des élus

Ce n’est pas tout. A ces défauts de financements publics, pourraient également s’ajouter des coupes importantes dans les contributions financières des élus qui représentent aujourd’hui 22% des recettes sur PS (12 millions d’euros).

Passons sur les contributions des députés européens et des élus locaux dont les diminutions sont, pour l’heure, difficilement chiffrables. Retenons l’impact qu’aura la baisse des participations des parlementaires (500 euros par mois, soit 6.000 euros par an) dans chacun de nos deux scénarios.

Sur la base du scénario de 1993, le PS n’engrangerait plus que 966.000 euros en année pleine : (52 députés + les 109 sénateurs socialistes actuels) x 6.000 euros.

=> Soit un manque à gagner de 1,4 million d’euros par rapport à aujourd’hui (2,4 millions)

Sur la base du scénario de 2002, le PS n’engrangerait plus que 1,5 million d’euros en année pleine : (140 députés + les 109 sénateurs socialistes actuels) x 6.000 euros.

=> Soit un manque à gagner de 894.000 euros par rapport à aujourd’hui (2,4 millions)

Risque sur les contributions des adhérents

On le voit, l’impact financier des élections à venir sera loin d’être indolore pour les socialistes. Au total, selon nos deux scénarios les comptes seraient grevés de 8,7 à 14,7 millions, soit de 16 à 27% des recettes actuelles.

Et encore, c’est sans compter que d’autres budgets pourraient être amenés à fondre en cas de défaite. Rien ne dit d’abord que le parti socialiste ne verra pas sa représentation parlementaire baisser encore lors des élections sénatoriales de septembre prochain.

Et puis, il y a le cas des adhérents. Aujourd’hui les quelque 100.000 militants apportent 7,6 millions d’euros au PS (soit 14% des recettes). Mais qu’en sera-t-il demain en cas d’éclatement du parti suite à la désaffection du clan Vallsiste…

Guillaume Chazouillères

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