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Le restaurateur anti-banquiers lance un site pour recenser les refus de prêts.

13 avril 2017 - ECONOMIE, FAIT DIVERS, INSOLITE, OPINION, SOCIETE
Le restaurateur anti-banquiers lance un site pour recenser les refus de prêts.

Hauts-de-Seine :

Le restaurateur qui avait fait sensation en refusant l’accès de son établissement aux banquiers frappe un nouveau coup. Il lance ce jeudi un site pour compiler les refus de prêts aux entrepreneurs.

Son coup de gueule remonte à un an. En février 2016, Alexandre Callet furieux interdisait l’accès de son restaurant aux banquiers, après un refus de prêt. Sa nouvelle initiative sort davantage de sa réflexion. Le chef d’entreprise, 31 ans, s’attaque toujours aux banquiers. Mais sur la Toile cette fois. À compter de ce jeudi, il lance «Alerte-financement.fr», un site web qui recense les refus de financement essuyés par les chefs ou créateurs d’entreprises.

«Pas de comptes à régler»

Le restaurateur égratigne donc à nouveau les banques qui, il y a un an, avaient repoussé sa demande de prêt de 70 000 € pour ouvrir un second établissement à Suresnes. Mais s’il admet avoir «la rancune tenace», le jeune homme jure aussi n’avoir aucun compte à régler.

Non, il ne part pas en croisade : il s’agace juste du fossé qui existe entre d’un côté, les discours encourageant la création d’entreprise, et de l’autre, «la frilosité coupable» des financiers. Un fossé qui, trop souvent, contraint les porteurs de projet à passer par la Médiation du crédit, dispositif public mise en place par Bercy et qui vient en aide depuis 2008 à toute entreprise qui rencontre des difficultés avec un ou plusieurs établissements financiers.

«Ça m’exaspère de voir des banques vendre des smartphones et des abonnements téléphoniques alors que dans le même temps, elles refusent de faire leur vrai travail, s’étrangle-t-il. D’autant plus que l’argent, il y en a. La France affiche l’une des plus grosses épargnes d’Europe. Et malgré ça, il faut savoir que dans certaines agences bancaires, 60 % des demandes de financement se soldent par un refus.»

«Les informations seront vérifiées»

Ces refus, Alexandre Callet souhaite les mettre sur la place publique, histoire d’inciter à davantage d’audace. Sur son site web, consultable sans restriction, les recalés du monde bancaire pourront indiquer les montants refusés, le nom de la banque concernée, l’estimation du nombre d’emplois qui n’auront pas pu être créés ou sauvés, faute de financement. Et si le refus sanctionne un dossier pas assez solide ou mal ficelé ? Alexandre Callet s’engage «à vérifier la véracité des informations qui seront diffusées».

«Il s’agit d’une base de données à la disposition de tous, poursuit-il. L’objectif n’est pas de jeter l’opprobre sur telle ou telle banque mais d’exercer une pression citoyenne et politique sur un système. Avec ce site, on apporte des informations utiles au débat public. Le député ou le sénateur du coin pourra voir quel projet est mort-né dans sa circonscription, faute d’argent. Grâce à cet outil, l’homme politique se retrouve dans la même arène que le banquier. A lui ensuite de monter au créneau pour remettre l’économie réelle au cœur de notre société.»

Alexandre Callet

***David Livois

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