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Présidentielle : les failles des programmes.

23 avril 2017 - FRANCE, POLITIQUE
Présidentielle : les failles des programmes.

Attention danger ! Entre la sortie de l’euro, le refus de rembourser la dette et les folles dépenses non financées, beaucoup de propositions des candidats feraient rapidement dévisser notre économie. Voici de quoi y voir clair avant d’aller voter.

 

Drôle de campagne… Marine Le Pen ne cesse de railler les «comptables», Benoît Hamon soutient qu’un projet présidentiel se doit surtout d’être « désirable » et Jean-Luc Mélenchon ne comprend pas qu’on l’interroge sur le financement de ses mesures. Pas étonnant que leurs propositions semblent tombées d’une autre planète ! Sortie de l’euro, planche à billets, retraite à 60 ans, semaine de 32 heures, embauche massive de fonctionnaires, instauration de droits de douane, refus de rembourser la dette… Jamais une élection n’avait aggloméré autant de projets délirants. «C’est de l’amateurisme !», fulmine l’économiste Charles Wyplosz, professeur à l’Iheid.

Pourtant, les électeurs s’y laissent prendre. Si l’on additionne les intentions de vote prêtées par les sondeurs à Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon, Nicolas Dupont-Aignan, Nathalie Arthaud ou encore François Asselineau, plus de la moitié d’entre eux en pincent pour les champions du « yakafaucon ». Face à ce parti des balivernes, François Fillon et Emmanuel Macron, dont les programmes – certes mâtinés d’imprécisions et de petites entourloupes, nous le verrons dans ces pages – sont les seuls empreints de réalisme, ont le plus grand mal à rassembler.

Mais comment diable, dans une nation qui a inventé le cartésianisme et les jardins au carré, une aussi grande partie de l’opinion peut-elle tomber dans le panneau de cette pensée magique ? Sans doute l’explication tient-elle, pour partie, à la montée générale du populisme. Comme les Américains, les Britanniques, les Polonais, les Turcs ou les Autrichiens, nos concitoyens se montrent de plus en plus réceptifs aux thèses simplistes que leur servent les démagogues à 500 signatures. Puisque les solutions sérieuses ne marchent pas, pourquoi ne pas essayer les autres, leur serinent-ils toute la journée. Cela finit par prendre.

Notre dérive électorale tient aussi beaucoup à des facteurs purement nationaux. D’abord, ce vieux fond rebelle, qui, de la Commune à l’anarcho-syndicalisme en passant par les éclats soixante-huitards et les errements staliniens du PCF, modèle notre histoire depuis plus d’un siècle. Puissamment implantée dans les esprits, cette philosophie de grognard se double d’une rancœur envers les élites – au premier rang desquelles, les énarques –, supposées impotentes et coupées du peuple. En particulier, lorsqu’elles réclament du sang et des larmes pour sortir des crises. A l’inverse, les promesses des lendemains qui chantent ont toujours beaucoup de succès… jusqu’à ce qu’elles se fracassent contre le mur de la réalité. Au moment du «tournant de la rigueur», en 1983, le grand rêve mitterrandien était à un cheveu de nous conduire à la faillite…

Reste une dernière explication à l’étrange succès des Le Pen et Mélenchon : l’incroyable inculture économique des Français. Selon une récente étude menée par l’assureur Allianz, ce sont eux qui décrochent le bonnet d’âne en Europe, même sur des notions apparemment simples comme l’inflation ou les taux d’intérêt. Perdue dans ce brouillard, une large partie de nos compatriotes, y compris au sein du corps enseignant, continue de considérer les entreprises comme des structures maléfiques, les patrons comme des ennemis et la relance par la consommation comme l’unique solution pour doper la croissance et l’emploi. Pire, à l’heure de la mondialisation et de Google, elle vit toujours avec cette vieille idée que « le politique prime sur l’économique ». Qu’en somme, il suffirait d’avoir la volonté de changer les choses pour mettre la réalité à sa main, un peu comme dans « Merlin l’Enchanteur ». Inquiétant.

***Capital

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