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Remboursement des frais de campagne : les petits candidats ne rentrent pas tous dans leurs frais.

25 avril 2017 - POLITIQUE
Remboursement des frais de campagne : les petits candidats ne rentrent pas tous dans leurs frais.

En dessous de 5% des voix au premier tour, ils ne pouvaient espérer recevoir que 800.423 euros de la part de l’État. Le reste est à leur charge.

Pendant une bonne partie de la soirée de dimanche, Nicolas Dupont-Aignan a bien cru qu’il dépasserait le seuil symbolique des 5%. Las, le candidat de Debout la France devra se contenter de 4,7% et ne pourra pas compter sur le remboursement total de ses frais de campagne. La loi impose aux candidats de dépasser les 5% au premier tour d’élection présidentielle pour espérer se faire rembourser jusqu’à 8.004.225 euros, soit 47,5% du montant maximal des dépenses électorales autorisées. Ceux qui n’atteignent pas ce précieux seuil reçoivent jusqu’à 800.423 euros, soit 4,75% des dépenses autorisées. S’ils dépensent moins, l’État réduit l’enveloppe en fonction.

Auréolé de son statut de candidat doté du patrimoine le plus élevé, Nicolas Dupont-Aignan avait néanmoins assuré ses arrières. Son directeur de campagne avait annoncé début avril à Libération que son enveloppe s’élevait à 1,5 million d’euros. Trois sources de financement ont été utilisées : 350.000 euros de dons, autant en emprunt bancaire, et enfin les 800.423 euros de remboursement de frais de campagne. Pour ne pas déraper, le candidat a été obligé de privilégier le système D : c’est le même fond de scène qui a été monté et démonté d’une salle à l’autre dans ses déplacements.

Jean Lassalle (1,2% des voix) a quant à lui toujours déclaré qu’il menait sa campagne sans le moindre sou. Les 25 personnes qui travaillent pour lui l’ont fait bénévolement. Seulement trois collaborateurs ont reçu un salaire lors des dernières semaines précédant le premier tour. Le candidat a également privilégié les nuités chez l’habitant lors de son tour de France à pied. Son équipe a déclaré avoir dépensé 200.000 euros sur l’ensemble de campagne, faute d’avoir pu emprunter plus.

Philippe Poutou (1,1%) et le Nouveau Parti anticapitaliste se sont eux tenus à ne pas dépasser le plafond maximal de remboursement de 800.423 euros. Le NPA a emprunté 647.000 euros auprès du Crédit coopératif, complété par les 150.000 euros versés par l’État en guise d’avance sur les frais. Cette opération s’est avérée complexe car le parti n’a pu obtenir son prêt qu’à partir du 21 mars, date à laquelle les parrainages ont été officiellement validés par le Conseil constitutionnel. Les banques n’étaient pas sûres que le NPA les obtienne.

François Asselineau (0,9%) a pu compter sur le soutien de ses donateurs. Il explique sur son site officiel avoir réuni 1.485.159 euros via 26.319 personnes, soit 56 euros en moyenne par tête. Une petite partie de cette somme sera réservée aux législatives.

Nathalie Arthaud (0,6%) a de son côté dépensé environ un million d’euros, essentiellement consacrés aux outils de “propagande” et à la location de salles. Les proportions sont similaires à 2012 (990.042 euros) et l’emprunt constitue sa source principale de financement.

Jacques Cheminade (0,2%) a annoncé un budget de campagne d’environ 400.000 euros. La majeure partie est financée par l’emprunt. C’est moins qu’en 2012 où il avait dépensé très exactement 471.623 euros.

Les chiffres indiqués ci-dessus ont été collectés en fonction des différentes informations déclarées par les équipes de campagne ou les candidats eux-même. Les montants précis seront communiqués par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP). Son rapport sera publié au cours du second trimestre 2018.

Nicolas Dupont-Aignan a bien cru qu’il dépasserait le seuil symbolique des 5%.

***Capital

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