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Marion Maréchal-Le Pen annonce son retrait « quelque temps » de la vie politique

10 mai 2017 - FRANCE, PEOPLE, POLITIQUE
Marion Maréchal-Le Pen annonce son retrait « quelque temps » de la vie politique

La députée du Vaucluse annonce vouloir aller « dans le privé » et, à 27 ans, ne pas être « déconnectée du réel ». Mais elle prévient qu’elle refera de la politique un jour.

 

 

La tentation de Venise n’a jamais été loin pour Marion Maréchal-Le Pen. La députée du Vaucluse vient d’y céder. Comme indiqué par L’Express un peu plus tôt, la nièce de Marine Le Pen ne se représentera pas aux législatives. Elle abandonnera toutes ses activités politiques, y compris la présidence du groupe FN au conseil régional de Provence-Alpes-Côte-d’Azur. Elle l’officialise dans un courrier envoyé au Dauphiné Libéré dont le site internet publie un extrait:

« J’ai beaucoup manqué à ma petite fille dans ses premières années si précieuses. Elle m’a aussi terriblement manquée », indique-t-elle. Celle qui n’a « jamais renoncé à l’idée » de s’extirper « un jour ou l’autre du monde politique pour une expérience dans la vie civile », qui « aime le monde de l’entreprise », « aspire aujourd’hui à y travailler ».

« D’autres expériences que celles du succès électoral ou politique »

Alors que « ce monde politique est le mien depuis toujours », écrit-elle, il est encore temps à 27 ans « d’en sortir quelque temps ». « Je pense que l’époque des politiciens déconnectés du réel avec des décennies de mandat électif derrière eux est révolue. Si nous voulons rendre ses lettres de noblesse à la Politique, il faut prouver aux Français qu’il existe aussi des élus libres et désintéressés refusant de s’accrocher coûte que coûte à leur statut et à leurs indemnités », poursuit celle qui semble faire référence là au parcours d’Emmanuel Macron. « L’idée que je me fais d’un bon chef politique impose que je bénéfice d’autres expériences que celles du succès électoral ou politique. » 

Mais Marion Maréchal-Le Pen n’a pas dit son dernier mot. « Je ne renonce pas définitivement au combat politique. J’ai l’amour de mon pays chevillé au coeur et je ne pourrai jamais rester indifférente aux souffrances de mes compatriotes », conclut celle qui tourne une page mais laisse clairement entendre qu’elle en rouvrira une autre dans un futur indéterminé.

Une annonce par Marine Le Pen elle-même

Si le retrait a fuité prématurément en ligne, c’est que le FN, à commencer par sa présidente Marine Le Pen, en a préalablement été informé.

Selon nos informations, Marine Le Pen l’a elle-même annoncé au comité stratégique de campagne qui se réunissait ce mardi après-midi. La candidate défaite à la présidentielle a indiqué que sa nièce partait « dans le privé » et a ajouté que c’était « compréhensible » en raison de sa charge familiale. La nouvelle n’a pas été commentée par les membres de l’instance. Selon son entourage en revanche, Jean-Marie Le Pen n’a pas été prévenu en amont de la décision de sa petite-fille.

Avec le score décevant de Marine Le Pen à la présidentielle, elle subit une forte pression médiatique et militante qui la pousse à l’affrontement avec sa tante. Or, elle n’a pas envie de raviver la dramaturgie familiale », explique un proche de la députée du Vaucluse.

« Il lui fallait donc trouver le meilleur timing »

Avant l’élection, elle avait exclu de quitter la politique si Marine Le Pen était élue. Mais en cas d’échec, elle laissait savamment planer le doute. « Elle hésitait encore, elle s’est donné le temps de la réflexion. »

Marion Maréchal-Le Pen avait pourtant assuré à plusieurs reprises qu’elle serait bien candidate aux législatives. Elle l’avait encore répété la semaine dernière à Sorgues. « Elle y était contrainte. Dans le cas contraire, on l’aurait accusé de sabotage vis-à-vis de sa tante. Il lui fallait donc trouver le meilleur timing. Elle ne voulait pas non plus attendre et trahir ses électeurs. » 

L’un de ses proches loue son « panache ». « Elle avait un destin tout tracé et elle décide de faire une pause. Ça a de la classe… »

« Je le vivrais comme une désertion »

L’officialisation devrait intervenir mercredi ou jeudi dans un média local et un média national. Une nouvelle qui provoquerait de fortes réactions en interne. « Elle a répété plusieurs fois qu’elle n’arrêterait pas. Mais c’est une fille imprévisible », se désole auprès de L’Express son collaborateur et conseiller départemental Rémi Rayé. « Au niveau personnel, sa décision peut s’entendre. Mais ça aura une image négative pour le FN dont elle est l’une des locomotives et pour son image à elle. Je le vis comme une désertion. Quelque part, elle ne s’appartient plus. » 

Une position partagée par Jean-Marie Le Pen, selon lequel sa petite-fille a désormais des engagements à tenir vis-à-vis de ses électeurs. Visiblement, il n’a pas réussi à se montrer aussi persuasif qu’il y a cinq ans lorsqu’il avait convaincu sa très rétive petite-fille à plonger dans le chaudron électoral. Dans Le Figaro, il lui demande d’y « réfléchir encore ». « Qu’en pleine bataille législative, l’une des vedettes les plus aimées et admirées du mouvement défaille, cela peut avoir des conséquences terribles. J’espère qu’elle les a mesurées. En pleine bataille politique, je trouve cette décision désolante. » 

L’entourage du patriarche prévient déjà: « Ce retrait va créer un choc auprès de la base. Les gens vont vouloir la peau du responsable. Et ce responsable, il y en a un tout désigné… ». Une référence à Florian Philippot dont les adversaires en interne vont utiliser ce retrait pour le déstabiliser.

**** L'expess

 

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