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En 2050, les océans compteront plus de plastique que de poisson.

4 juin 2017 - ACTUALITE, CLIMAT, ECOLOGIE, ENVIRONNEMENT, INTERNATIONAL, MONDE, SCIENCE
En 2050, les océans compteront plus de plastique que de poisson.

Plus de 150 millions de tonnes de déchets plastiques flottent sur les océans et la masse de ces déchets pourrait doubler d’ici 2050, alerte la fondation Ellen MacArthur. En l’absence de mesure, le poids des déchets serait plus important que celui des poissons.

 

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Si rien n’est fait, les océans pourraient se transformer en décharge à ciel ouvert. «Il y aura plus de plastique dans l’océan que de poisson en 2050», alerte une étude réalisée par la fondation Ellen McArthur et soutenue par le Forum économique mondial et le cabinet McKinsey. «Aujourd’hui, nous estimons qu’il y a environ 150 millions de tonnes de déchets plastiques dans les océans. Si la consommation de plastique se poursuit au même rythme, l’océan devrait contenir 1 tonne de plastique pour 3 tonnes de poisson en 2025 et en 2050, plus de plastique que de poisson, en terme de poids», indique l’étude.

«L’utilisation du plastique a été multipliée par 20 lors de la seconde moitié du XXe siècle et devrait doubler encore sur les vingt prochaines années», souligne l’étude. Les auteurs expliquent en effet que l’économie actuelle est basée sur une forte consommation de ce matériau, qui ne cesse de croître. Il combine de faibles coûts de production et une grande fonctionnalité. «Aujourd’hui, presque tout le monde, partout, tous les jours, entre en contact avec des matières plastiques et en particulier les emballages», précise l’étude. Résultat, la production mondiale du plastique est passée de 15 millions de tonnes en 1964, à 311 millions en 2014. En cause, l’utilisation des sacs, mais aussi des bouteilles d’eau, de produits ménagers ou de toilette, des gobelets…

2% des déchets plastiques abandonnés dans la nature

Le recours aux matières plastiques présente de plus en plus d’inconvénients. Après une utilisation éphémère, près de 95% des plastiques, soit entre 80 et 120 milliards de dollars annuels, sont perdus. Par ailleurs, près de 32% des déchets d’emballages sont abandonnés dans la nature, souligne le rapport. La réduction de ces plastiques a un coût tant financier, de près de 40 milliards de dollars, qu’environnemental. De fait, chaque année, au moins 8 millions de tonnes sont déversées dans les mers, «soit l’équivalent du contenu d’un camion-poubelle jeté dans l’océan chaque minute. Et si aucune mesure pour lutter contre ce fléau n’est mise en place, ce seront l’équivalent de deux camions-poubelles jeté dans l’océan chaque minute en 2030 et quatre en 2050», soulignent les chercheurs. Dans les océans, ces déchets s’agglutinent et sont transportés par les courants marins vers un nouveau «continent», souvent surnommé le septième continent, dont la taille atteint près de 3,5 millions de km².

Ainsi, la Fondation Ellen MacArthur milite pour la transition de notre économie basée sur le jetable vers une économie circulaire où les matières sont recyclées, les sacs réutilisés. La France agit déjà en ce sens en interdisant l’utilisation des sacs plastiques en 2016. «L’océan est très résilient, si nous cessons de jeter du plastique dans la mer aujourd’hui, dans 50 ans nous aurons retrouvé l’écosystème de départ. C’est quelque chose qu’on peut changer avec la loi, la pédagogie et l’éducation», confiait récemment Romain Troublé, secrétaire général de Tara Océans, la goélette qui a défendu les intérêts des océans lors de la COP21.

Des milliers de tonnes de plastiques finissent dans les océans chaque année. Photo : Noêl Celis / AFP

***Mathilde Golla
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