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La retraite en or des députés battus (vidéos).

19 juin 2017 - FRANCE, INFORMATION, PEOPLE, POLITIQUE, SOCIETE
La retraite en or des députés battus (vidéos).

Les députés de plus de 60 ans bénéficient d’un régime de retraite très intéressant. Plusieurs élus pourraient être concernés en 2017.

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C’est un renouvellement sans précédent qui va s’opérer à l’Assemblée nationale à la suite de ces élections législatives : 432 députés sortants ne retrouveront plus leur siège, soit parce qu’ils ont décidé de ne pas se représenter soit car ils ont été battus. Certains, issus du privé, pourront bénéficier d’une allocation de retour à l’emploi très intéressante. D’autres, qui ont plus de 60 ans (62 à partir de 2018), pourront décider de faire valoir leurs droits à la retraite… et empocher une belle somme. Ce pourrait être, par exemple, le choix de Jean-Christophe Cambadélis (PS), Jacques Myard (LR) ou encore Patrick Mennucci (PS), battus lors de ces élections.

Malgré une réforme en 2010, le régime dont les députés bénéficient reste plus avantageux que dans le privé. Ainsi, il leur suffit de cotiser 31 ans pour espérer une retraite à taux plein, contre plus de 40 ans pour un salarié. Les députés ont en effet la possibilité s’ils le souhaitent de cotiser 1,5 fois lors de leurs deux premiers mandats, puis 1,33 fois sur le suivant et 1,25 fois sur ceux d’après. Les salariés, eux, ne peuvent pas augmenter leur niveau de cotisation. De plus, d’après France 2, (vidéo si dessous) près d’un député sur dix bénéficie encore de l’ancien régime de retraite, encore plus favorable. Avant la réforme de 2010, un élu de l’Assemblée pouvait toucher une retraite à taux plein en ayant cotisé durant seulement 22,5 ans.


“L’Oeil du 20h 10 01 2016

Enfin, dernier avantage : les députés ont la possibilité de cumuler leur pension de retraite avec celle acquise en vertu d’une fonction locale. Concernant le taux de cotisation, il va évoluer afin de se rapprocher de celui des fonctionnaires, passant de 8,39% en 2012 à 10,85% en 2020.

La retraite des députés maintenue grâce aux contribuables

Alain Chrétien (LR), député sortant de Haute-Saône et maire de Vesoul, est favorable à la suppression de ces spécificités. Il a d’ailleurs rédigé un rapport spécial sur les régimes sociaux et de retraite, annexé au projet de loi de finances pour 2017. “Après cinq ans, je pourrais toucher environ 1.200 euros quand certains Français mettent 40 ans pour avoir cette pension”, nous affirme-t-il. « Ce régime n’a pas de support législatif, c’est uniquement les députés qui se le construisent”, déplore-t-il aussi, dénonçant un “vrai problème de légitimité démocratique”. René Dosières (PS) a choisi de ne pas briguer un nouveau mandat et de partir à la retraite. Bénéficiaire de l’ancien régime, il devrait toucher 6.329 euros brut par mois, a-t-il confié à France 2. “Il a fallu que je consente des sacrifices importants pour être parlementaire. Et donc il est tout à fait légitime qu’à ce titre là, je puisse avoir cette retraite”, a-t-il affirmé.


Le régime de retraite des députés est en partie financé par la cotisation des élus mais le plus gros morceau est en réalité payé par les contribuables, via la cotisation de l’Assemblée ainsi qu’une subvention inscrite au budget de la chambre basse. En 2015, cette dernière avait atteint 40 millions d’euros, soit plus de 60% du montant total des pensions. “Ce qui rend ce régime insupportable, c’est qu’il est largement déficitaire”, affirme Alain Chrétien. “C’est indispensable de le mettre dans le même pot que les régimes spéciaux qu’on veut supprimer comme celui de la RATP ou de la SNCF”. D’après le site de l’Assemblée nationale, la pension moyenne des députés s’élevait à 2.675 euros net pour ceux qui ont réclamé leurs droits en 2016.

***Capital

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